Mairie de Luisant
Mairie de Luisant

Cette année, dix ans après son décès, Raymond Poirier aurait fêté ses 100 ans. La municipalité a souhaité lui rendre hommage en donnant son nom à la rue desservant le groupe scolaire Henri Ramolet. Cette rue servira de liaison entre la mairie et les premiers logements sociaux de la commune dont il était l'initiateur. Elle se situe dans le premier quartier qu'il a développé à son arrivée en 1959. Par ailleurs, de nombreuses rues à proximité portent le nom d'hommes politiques. Tout un symbole !

Un maire bâtisseur

Raymond Poirier est né pendant la Grande Guerre, le 2 juillet 1917, à Luisant, ville à laquelle il va rester très attaché. Fils d'un menuisier, il obtient le certificat d'études puis exerce brièvement le métier d'ajusteur-tourneur. En 1938, il quitte sa commune natale pour aller accomplir ses obligations militaires au Mans. Il se trouve ainsi sous les drapeaux lorsque le second conflit mondial éclate. Fait prisonnier au printemps 1940, il passe cinq ans de captivité en Allemagne. Il ne retrouve Luisant qu'en 1945, après la cessation définitive des hostilités.

À son retour d'Allemagne, il apprend qu'il a été élu au conseil municipal de Luisant au printemps 1945 alors qu'il se trouvait encore prisonnier. Réélu en 1947, il devient ensuite premier adjoint au maire en 1953. Parallèlement à son engagement public, il continue d'exercer une activité professionnelle. Après avoir été monteur de crics hydrauliques, il vend des fruits et légumes sur les marchés avant de s'établir comme épicier à Luisant.

Il est élu maire sans étiquette de sa commune natale en 1959. Constamment reconduit par ses administrés, il préside pendant trente-six ans aux destinées d'une cité qui connaît une forte expansion démographique, passant de quelque 1 500 à 6 500 habitants. Il est à l'origine de la construction de l'école Saint-Exupéry, de la mairie et de son extention, du stade Jean Bouin, de la plupart des infrastructures du stade Marcel Roblot, de la création des pistes cyclables de l'avenue et de la valorisation de l'étang. Grâce à son dynamisme, la ville a été choisie pour accueillir le collège Jean Monet et le lycée Silvia Monfort, ouverts respectivement en 1989 et 1996.

Proche du milieu associatif, il a favorisé son développement sur la commune en créant des infrastructures adaptées et en favorisant leur installation. Militant de la réconciliation franco-allemande, il a été un élément moteur pour la création d'un jumelage entre Hochstadt (aujourd'hui Maintal) et Luisant.

Il est également élu conseiller général du canton de Chartres-Sud-Ouest en 1973. Réélu deux fois, il siège jusqu'en 1992 au Conseil Général et y exerce les fonctions de secrétaire.
Il préside l'association des maires de 1975 à 1989 et siège au Conseil régional du Centre ainsi qu'à la communauté d'agglomération de Chartres. Il est également administrateur de 1976 à 1997 du quotidien La République du Centre, dont il vice-préside le conseil d'administration à partir de 1994.

Fort de son implantation en l'Eure-et-Loir, Raymond Poirier de vient sénateur en 1980. Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe de l'Union centriste des démocrates de progrès, devenu celui de l'Union centriste à partir de 1983. Il siège à la commission des affaires sociales de 1980 à 1985 puis à celle des affaires culturelles de 1985 à 1989.

Titulaire de la Croix du Combattant, il se soucie tout particulièrement du sort des anciens combattants au cours de son mandat sénatorial.

Raymond Poirier vote notamment la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980, la loi portant abolition de la peine de mort en 1981, la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage en 1982 et la loi relative au revenu minimum d'insertion en 1988.

A la fin de son mandat de Sénateur, Raymond Poirier abandonne la présidence de l'association des maires d'Eure-et-Loir. Il conserve toutefois son fauteuil de maire de Luisant jusqu'en 1995, date à laquelle il décide de ne pas se représenter. Membre du conseil municipal de sa cité natale durant un demi-siècle, il lui consacre un ouvrage, "Luisant au fil du temps", en 1999.

Officier de la Légion d'honneur et chevalier de l'ordre national du Mérite, il se retire définitivement de la vie politique en 2001 au terme de son mandat de conseiller à la communauté d'agglomération de Chartres. Il s'éteint le 21 mai 2007, à quelques semaines de son quatre-vingt-dixième anniversaire, au centre hospitalier du Coudray, des suites d'une longue maladie.


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